A l'adolescence, cette marginalité je l'ai cultivée, conciament cette fois-ci. Tout le monde pouvait voir que je la revendiquai juste en me regardant. Pendant le lycée ça a vraiment été mon truc, mon hobby favori de m'habiller de façon originale.
Pour mes études sup, partant en école d'ostéo, je pensai vraiment m'épanouir dans ma différence. Mais que ma déception fut grande en découvrant la réalité des moutons gens qui la fréquentait. -et oui, c'est désolent à dire, mais le monde de l'ostéo va mal, car les ostéo, et les ostéo en devenir ne sont que des "médecins" frustrés de ne pas l'être, et je peux vous dire que c'est cartésien de chez cartésien, vaccination, laitage, et tout le pack dans leur petite caboche-
C'est la première fois où ma personnalité m'a pesée, je n'étais plus la différente mais la bizarre (même si ça avait un peu changé à la fin).
Petit à petit je me suis lissée, laissée lisser.
Mais jamais vraiment assez.
Jusqu'à la décision d'acceuillir Gabrielle. Autant dire que là, d'un coup d'un seul, plus mon ventre s'arrondissait, plus les regards posés sur moi/nous suscitaient des réactions. Toutes sortes de réaction. De l'hostilité, de la pitié, de l'admiration quelques rares fois. Maintenant quand je porte Gabrielle en écharpe c'est bien souvent de la tendresse.
Enfin bref, je ne passe jamais in aperçut.
Jusqu'à samedi où j'avais un RDV, où je ne pouvais as me rendre avec mon bébé d'hiver. Il est donc resté au chaud avec son papa.
Me voilà donc partie avec mes petites baskets, mon jeans, mon manteau brun et mon sac à la main.
Toute jeune femme de 21 ans, comme les autres. On ne me voyait plus. Je faisais parti de la masse.
Et là, j'ai réalisé à quel point, extérieurement tout du moins, je suis devenu fade.
A l'intérieur je me sent tellement différente de beaucoup, pas mieux, mais moi tout simplement, avec mes projets, mes idéaux, mon mode de vie, à des années lumière de ceux que je fréquentais tous les jours.
Aujourd'hui cette différence, j'ai de nouveau besoin de la crier au monde, même sans ma fille.
C'est pourquoi me voilà partie à la recherche d'un coiffeur, moi qui y suis allée 3 fois en tout et pour tout, et d'une friperie...
C'est impressionnant ce que sucite ce regard de l'autre, qu'on veuille le fuir ou au contraire si confronter...
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